xBlicke____
Bill - • - Gemma - • - Eliah - • - Autres
__Il part par le chemin par lequel il est arrivé. Ce chemin de gravier qui grise sous chacun de ses pas. Il sourit, fier d'avoir conclu cette conversation avec autant de facilité. Car il ne lit aucune facilité dans le regard de la fille. Non, elle n'est pas facile. Plutôt imprévisible comme elle a pu le prouver. Imprévisible et lunatique.
__De son côté, elle sourit à la dernière réplique et se lève en serrant ses bras autour de son corps frêle pour se réchauffer. Elle fouille dans ses poches à la recherche de son mouchoir en repensant à la rencontre qu'elle a faite. Elle en sourit. Aussi imprévisible qu'elle, voire plus. Elle aime la complexité qu'elle lisait dans son regard d'un marron profond, malgré le fait qu'elle réussissait à deviner ses réactions grâce aux traits de son visage. Les personnes compliquées l'attirent. Elle a toujours eu cette patience, celle de décrypter leurs sentiments, leurs craintes. C'est tellement excitant. Elle rentre chez elle, un mince sourire sur les lèvres.
__Ses pieds trainants sur l'asphalte froid de ce début de soirée l'entrainent vers le cocon chaud et rassurant de la famille. Aucun effort ne lui est demandé. Ses pas l'emmènent d'eux-mêmes, ils savent où aller. Alors, elle peut laisser son esprit vagabondé au gré des rues et des passants. Une quinzaine de minutes après, la grosse et imposante porte en bois blanc est franchie et elle peu à nouveau reconnecter son cerveau avec la réalité. D'un rapide coup de pied contrôlé elle ôte ses vieilles Converses et balance son sweat-shirt sur le porte-manteau, la chaleur de l'amour familial emplit l'air de quelque chose d'étouffant mais de tellement rassurant qu'elle se sent en sécurité.
__La petite famille se retrouve rapidement autour de la table, chacun à sa place. Comme une tradition. La télévision a, comme à son habitude, pris les rênes du repas. Seules les voix qu'émettent celle-ci remplissent la maison. Ils écoutent tous attentivement les nouvelles déprimantes du monde. Ils soufflent, ils lèvent les yeux au ciel, ils parlent dans leur barbe : chacun sa manière de réagir face à ce qui fait l'actualité aujourd'hui.
___ - Une semaine qu'il est mort et on en a encore pour quelques temps je pense. Se lamente le père.
___ - Oui, mais c'était un grand de ce monde comme on l'entend dire. Dit la mère.
___ - The king of pop ; papa.
__Comme à son habitude, elle écoute attentivement tout ce qui ce dit. Elle n'en loupe pas une miette malgré ce qu'ils doivent penser. La présentatrice résume les titres importants et la fin du journal arrive, les enfants débarrassent et chacun va vaquer à son occupation. Elle monte quatre à quatre les marches la menant à sa chambre et se jette sur son lit où l'attend son ordinateur. Celui-ci est allumé et charge pendant qu'elle regarde son portable où une photo de sa meilleure amie et d'elle-même fait office de fond d'écran. Elle n'a aucun nouveau message, aucun appel en absence. Le reste de sa soirée se passe entre le messager virtuel qu'elle n'apprécie guère (à quoi bon parler avec les gens pour de faux ?), Facebook où, chaque jour, se succèdent de nouvelles invitations amicales de personnes qu'elle ne connait pas (évidemment) et surtout son blog personnel où séjournent ses photos, ses textes et les commentaires des internautes. Vite énervée par cette nouvelle technologie elle éteint tout, change ses vêtement du jour pour son mini short et son débardeur de nuit et se faufile sous ses couettes où elle passera la nuit.
Your defenses were on high
Your walls built deep inside
Yeah I'm a sel-
__La voix de Jared Leto s'arrête grâce au coup de main maitrisé de la jeune fille à présent caché sous son oreiller ; elle sait qu'elle aura droit à la voix un peu trop aigüe de sa mère, celle qui lui arrache les tympans de bon matin juste avant une journée exténuante de cours. Elle savoure donc ces dernières cinq minutes de sommeil, bien trop courtes à son goût :
___ - Gem' , t'as encore oublié de mettre ton réveil ce matin ?
___ - Mmmh. Gémit-elle.
___ - T'es pas possible. Allez debout jeune fille, vas t'instruire.
___ - Mmmh.
___ - Vas à la douche ou c'est la douche qui vient à toi.
__D'un pas lourd elle sort de son lit et se dirige à l'aveuglette jusqu'à la salle de bain. La porte à présent fermée à double tour, elle s'apprête à remettre en marche la routine quotidienne des cours. La douche, le petit-déjeuner, l'habillage, le maquillage, le coiffage et le départ pour le bus. Rien ne l'exaspère plus que ça, toujours faire la même chose, toujours voir les mêmes personnes.
__Elle a encore failli rater son bus et lâche un souffle de soulagement tout en s'asseyant à sa place. Toujours la même (encore la routine) ; contre la fenêtre, du côté droit derrière Sara la grande blonde que tout le monde regarde.
___ - Bonne journée, au revoir. Sourit le chauffeur de bus.
__Il n'aura droit qu'au regard froid et sans sentiments de tous les élèves qui descendent, tous très peu réveillés et déjà énervés de passer leur journée assis derrière des bureaux. Gemma descend parmi les premières et n'attend personne, tous des inintéressants dans son bus de toute façon. Comme à son habitude, elle attendra son amie vers leur point de repère pendant dix minutes. Juste le temps de se remettre les idées en place et de se préparer à répondre aux questions sur son week-end.
___ - Hey ! Ca va ? Crie Eliah sa meilleure amie tout en la serrant dans ses bras.
___ - Salut. Oui, je suis on ne peut plus réveiller maintenant. Merci Ley'. Sourit-elle.
___ - Faut que je te raconte tellement de choses. Si tu savais.___ - T'étais chez ton père ?___ - Ouai, ouai. J'ai jamais autant détesté y aller. Sa nouvelle conquête est .. pffiou.___ - Une nouvelle ? Encore ? Et July ?___ - July ? T'es en retard Gey'. C'était celle de y'a .. attends un peu, deux semaines celle-là. Depuis, il en a eu trois nouvelles. _____Sans exagérer.___ - Quel Don Juan ton père. Je ne comprendrai jamais.
___ - Tu ne comprends pas l'amour non plus Gey'.__Non, elle ne comprend pas. Ni l'amour, ce sentiment si peu commun mais que tout le monde touche du doigt un jour ou l'autre parait-il ; ni la capacité qu'on certains à prendre puis à jeter comme le fait le si réputé Julyan Harbreig, père de sa meilleure amie.
___ - Je ... Oui, je ne comprends pas. Mais, je sais compatir pour ceux qui y croient. Comme toi et peut-être comme toutes les _____femmes que ton père prend puis jette. Lance-t-elle sur un ton de défi.
___ - Tant pis pour elles et en ce qui me concerne : No comment. Rira bien qui rira le dernier. Enfin, toi. Comment c'était ton _____week-end ? Des sorties ? Des rencontres ?
___ - Revigorant. Un week-end revigorant oui. Aucune sortie, puis sortir toute seule c'est pas ce qu'il y a de plus attrayant hein. _____Et, la rencontre j'-
___ - Wow !, je le sens bien. Je sens que tu vas m'annoncer LA rencontre de l'année.
___ - Bien sûr que non. Pourquoi tu dis ça ?
___ - Tu baisses la tête, tu tripotes le bas de ton t-shirt ; super au passage, tu l'as acheté où ?
___ - On l'a acheté ensemble, tête de linotte. Lâche-t-elle avec un rire. Allez, viens. On va être en retard.
__Les deux amies se dirigent vers le lycée d'un pas assuré. La salle 113 est vite atteinte et elles se retrouvent vite séparées par le plan de classe que le professeur a établi.
---- Gemma ----
__Huit heures de philosophie, par semaine. Huit heures avec un prof dénué d'intérêt, huit heures de réflexion sur les causes de la vie et leurs conséquences sur le comportement humain. Personne ne peut réellement discuter ce genre de problèmes et pourtant, on ne fait que ça. Le sujet du jour ; « Que signifie la dépendance ? Dans quel domaine peut-on parler de dépendance ? »
___ - Je vous écoute. Parlez. Dit le prof.
__Personne n'a l'air vraiment inspiré, Eliah lime ses ongles pourtant sur-limé et vernis à la perfection. Sa voisine écrit le prénom d'un garçon sur sa feuille en utilisant toutes les typographies possibles et imaginables. Le prof, énervé par ce trop peu d'attention prévoit d'interroger au hasard grâce à son horrible trombinoscope. Pendant trois secondes il ferme les yeux et tourne son doigt au-dessus de la feuille sous les regards apeurés de tous les élèves, qui à cet instant, pris le bon Dieu de bien vouloir leur épargner une intervention orale :
___ - Gemma !__J'écarquille les yeux et ouvre la bouche pour marquer ma surprise. Tout sauf ça, je ne connais rien à ce genre de chose et je déteste parler à l'oral devant tout le monde. Pire je hais ça.
___ - Euh ... Je ne sais pas quoi dire.
___ - Tu fumes ?
___ - Oui.
___ - C'est donc une forme de dépendance. Je t'écoute.
___ - Je ... Tout en remettant ma mèche en signe de nervosité. Eh bien, selon moi, quand j'entends parler de dépendance _____je pense à l'amour, entre autre et si on peut appeler ça comme ça.
___ - L'amour ? Intéressant, continue.
___ - Pour moi, l'amour est une forme de dépendance qui se traduit par le manque, la nervosité et la perte de perso-
__Une personne frappe à la porte et passe sa tête à l'intérieur de la salle en souriant pour se faire pardonner. Tu peux oui, j'étais partie dans ma philosophie sur l'amour, j'allais sortir LE discours de l'année et me faire détester par tout les amoureux ici présent. Il entre dans la salle et chuchote avec le prof qui jette un regard derrière lui.
___ - Maintenant ?
___ - Oui. Dit le pion tout en sortant de la salle.
* _ *
Bonjour.
Je vous ai mis la suite parce que je trouve que ça faisait attendre (beaucoup trop) longtemps.
Merci à celles qui ont mis de jolis commentaires sur le premier chapitre.
Votre avis ? Gemma ? Eliah ? Passage ; réplique préféré ?
Merci encore. Laurie